mercredi 1 avril 2026

Les affiches




















Marc-Verat@wanadoo.fr

Impressions-réflexions par Yves Michaud



Un article de Roxana Azimi dans Le Monde daté du lundi 30 mars est consacré à la situation à l’école des Beaux-Arts de Paris. Le directeur Eric de Chassey y fait part de trois préoccupations.
La première touche à l’état des locaux. Comme je l’ai rappelé dans La nouvelle querelle des Beaux-Arts publié l’an dernier quand le ministère Dati avait fait mine de rechercher un grand projet pour les deux hectares du site Bonaparte-Malaquais (en fait, c’était du bidon pour amuser la galerie), l’état des locaux est lamentable et demande une rénovation lourde. Le Palais des études s’enfonce, l’eau remonte, les cours s’effondrent, l’hôtel de Chimay qui a connu redistributions sur redistributions ne tient pas debout et la chapelle des Petits-Augustins ne vaut guère mieux.
Lors de mon mandat de 1989 à 1997 (il y a plus de trente ans !) j’avais tout de suite vu l’ampleur de la tâche et avais au moins réussi à faire couvrir à neuf le bâtiment des Loges* doté depuis 1973 d’une toiture provisoire de tôle totalement rouillée (par tempête d’automne, il y avait 700 m² de tôle pour décapiter les passants du quartier !). Homme de bibliothèque, je savais aussi le poids des livres et souhaitais faire déposer les tonnes de livres de la bibliothèque d’architecture qui contribuent à l’enfoncement du Palais des études à l’Institut national d’histoire de l’art en plein accord avec le regretté Michel Laclotte. Rien ne suivit après mon départ. Le problème est qu’il faudrait mobiliser pour ces travaux lourds des fonds exceptionnels et comme on est « quoiquilenacouté », c’est-à-dire sans un radis, les caisses sont vides. L’école et ses élèves sont donc condamnés à dix bonnes années de travaux lourds-légers par tranche, d’autant plus coûteux et d’autant plus créateurs de nuisance. Bon courage à tous.

Justement, deuxième point, de Chassey veut transférer une partie des collections à Saint-Ouen. Louable projet d’allègement mais il va entendre hurler à mort les bobos contemporanéo-traditionnalistes, surtout ceux qui ne mettent jamais les pieds dans les collections. Quand j’avais osé parler de transférer une partie du fond documentaire d’architecture à l’INHA, j’avais eu une levée de bouclier et certains artistes connus, qui avaient eu l’idée intelligente de passer à la photocopieuse des dessins de la Renaissance sans jamais entrer dans la bibliothèque d’art contemporain étaient montés sur leurs petits chevaux et avaient finalement obtenu gain de cause. Bravo à de Chassey mais bon courage à lui. Toutefois ce petit déménagement a des airs de saucissonnage d’une décision de transfert général impossible à formuler.
Et puis, o my goodness, le budget de l ‘école est mal en point – il est même en déficit. De mon temps, comme disent les vieux, je ne crois pas que les magistrats de la cour des comptes qui présidaient le conseil d’administration m’auraient laissé faire valser l’anse du panier. Nous étions non seulement en équilibre mais faisions des profits grâce aux locations de locaux et à la manne des cours du soir et d’été pour les amateurs. Maintenant les conseils d’administration sont pleins de people et de ronds de cuir et « budget connais pas ». Recevant les innombrables envois des services de communication de l’école des Beaux-Arts, je m’étonnais quand même de tous ces intervenants, cours, colloques, événements et de tous les personnels pléthoriques pour gérer des services sans grand rapport avec les finalités d’une école d’art. Je pensais que des directeurs plus malins que moi avaient obtenu des augmentations de budget significatives… L’article de Roxana Azimi semble dire qu’il n’en est rien ; on s’est simplement mis à l’air du « quoiquilencoute », l’exemple venant de très haut. J’aimerais juste savoir si on n’a pas aussi fait un peu de cavalerie en piochant dans les « Dons et Legs » qui faisaient une partie importante du budget mais étaient strictement destinés à l’activité pédagogique… Et donc de Chassey se voit contraint à des économies. C’est le troisième point. Toutes les économies ne sont pas forcément mauvaises quand on a affaire à du gaspillage et à des trous du fromage plein de gentilles souris. De Chassey compte les faire sur le nombre des expositions (dont effectivement la plupart dans les années récentes n’avaient strictement aucun intérêt), sur le nombre d’élèves admis (excellente chose car l’école ne peut pas décemment accueillir plus de 400 étudiants toutes années comprises, et encore c’est trop !), sur la pléthore d’intervenants, notamment en « théorie », dispensés par quelques « sommités » (dixit madame Azimi qui connaît mieux le monde de l’art que celui de la pensée) dont je dirais plutôt que ce sont des chandelles qui brûlent à peu de frais – n’étaient les vacations ou salaires. Bref, il va falloir faire en douce une sorte de plan social. Ce sera au moins rigolo.
Le tout est de savoir si de Chassey sera soutenu par la tutelle, ce serpentin de ministres qui restent deux ans ou moins le temps de se prendre pour Jack Lang (horresco referens), Smalto en moins. En ces temps pré-électoraux qui gèlent tout, il y a paradoxalement une fenêtre d’action et même d’immunité mais il devrait se méfier: le Sous-Tout a du monde à recaser et la nomination d’un proche aussi nul que lui aurait de l’allure – je pense à l’inénarrable turfiste Roger-Petit mais il y en a tout plein d’autres.
Précision : le bâtiment des Loges fut le premier bâtiment de l’Ecole des Beaux-Arts, construit je crois en 1827 ou 1828. Il est fait de gravois et de plâtre avec des colombes de chêne verticales ou obliques et est donc à la fois solide et de très mauvaise qualité. Nonobstant, ses trois étages furent surélevés de trois autres dans les années 1930 (à l’époque les riverains de la rue Jacob dont l’arrière donnait sur l’Ecole ne faisaient pas de procès), qui durent être rasés en 1973 en raison des menaces d’écroulement. D’où le toit provisoire de tôle pendant plus de vingt ans. C’était de l’arte povera gratuit.

Complément sur la recherche
Être chercheur au doux pays du Sous-Tout cornu n’est pas difficile.
Il suffit de le dire et éventuellement de savoir remplir des formulaires, des masses de formulaires, des kilos numériques de formulaires.
Avez-vous remarqué combien d’innocentes et innocents « chercheurs » pérorent dans les médias ? J’ai même découvert sur la liste municipale de Chikirou une « chercheuse à EDF ». Il doit y en avoir chez Carrefour. C’est aussi facile que de se proclamer « doctorant », le titre valant quasiment celui de docteur. J’ai eu l’an dernier affaire à un crétin « doctorant en architecture », en fait plumitif dans une gazette, qui critiquait un de mes livres sans l’avoir ouvert…
Doctorant, chercheur, ça classe. Il y en a partout dans un pays où Parcoursup ouvre la voie vers « monmaster.gouv.fr« . Tout le monde à bac + 50 et on sera prêt pour la compétition internationale.
SI vous n’avez rien à faire et vous sentez une âme de chercheur, consultez cet « appel à projets » pour la recherche de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.
Vous y apprendrez ce que c’est que la bureaucratisation parfaite, intégrale, absolue, sidérale, des activités intellectuelles, les primes offertes aux « chercheurs » spécialisés dans le remplissage de formulaires en ligne, la gabegie des offres financières minuscules, le nombre de fonctionnaires qui consacrent l’essentiel de leur activité à pondre des formulaires, l’absence totale de ligne directrice en matière de recherche (l’Europe, la Culture, la Santé, le Développement durable…). Vous comprendrez aussi pourquoi les Universités ainsi gérées sont en déficit et réclament encore plus d’argent et d’agents pour une production intellectuelle relevant de la réanimation.
Vite monsieur le Sous-Tout cornu, ouvrez le chéquier comme vous savez si bien faire : à ce prix, la recherche doit être financée quoi qu’il en coûte !

La légitimation des FRAC pose question ?

 

Les achats publics d’œuvres d’art ne sont pas indispensables pour soutenir la création, mais ils peuvent structurer un patrimoine commun à condition qu’ils soient transparents, pluralistes, et réellement tournés vers le public. Sans ces garanties, ils deviennent vite un mécanisme d’entre-soi, de rente et de déconnexion sociologique.
A cause des risques de copinage et de capture institutionnelle, les objections sont sérieuses et souvent légitimes. En effet, les commissions de sélection sont très souvent composées d’un cercle restreint de prétendus experts et leurs choix peuvent refléter des ententes internes plutôt que la diversité réelle de la création. D'ailleurs, les responsables publient rarement des bilans lisibles pour le citoyen.
Certains artistes deviennent institutionnellement incontournables, d’autres invisibles. Le reproche devient classique et immuable : un système qui tourne sur lui-même, des acquisitions la plupart du temps hermétiques, conceptuelles, ou peu compréhensibles. Le public, pour peu qu'il ne soit pas complétement indifférent à l'art et ou à la dépense publique se posera forcément, à un moment ou à un autre, les questions suivantes concernant les achats :
Sur quels critères ? Quels impacts ? Pour quelle diffusion réelle ? Pour quels coûts d'achat, de stockage, de conservation, de transport ?

Les Fonds Régionaux d'Art Contemporain sont-ils donc encore légitimes dans leur forme actuelle ?
De moins en moins, et pas dans leur forme actuelle. La légitimité des FRAC s’est érodée. Et surtout, elle ne repose plus sur les mêmes fondations qu’en 1982. Aujourd’hui, leur modèle institutionnel semble sérieusement en décalage avec les usages, les citoyens, et même les artistes.
Les FRAC reposent sur un postulat obsolète, ils doivent être pour le moins réinventés ou carrément supprimés.
En vérité, leur rôle de régulation objective n'a jamais existé puisqu'ils suivent les tendances d'un écosystème où les galeries et les foires dominent. Le modèle d’acquisition institué dans les années 1980 s'est matérialisé par d'immombrables œuvres minimalistes et conceptuelles stockées, peu montrées, avec peu de rotation ; de toutes façons celles-ci auraient été confrontées au fort opprobre des spectateurs. Tout compte fait, cette accumulation ne délivre ni sens économique, ni muséologique. Les FRAC ont certes constitué des collections en grandes quantités mais le public ne les voit presque jamais.
La gouvernance des Fonds est reconnue comme fâcheusement opaque et endogame. Les commissions sont composées sans transparence, ni critères avoués, et avec peu de diversité sociologique chez les décideurs ce qui donne une impression de milieu fermé, sans soucis démocratique.
Les Fonds Régionaux ont été pensés pour le public comme des collections contemporaines décentralisées, pourtant beaucoup d’expositions demeurent notoirement impopulaires. La déconnexion avec les pratiques culturelles actuelles, c'est-à-dire avec la peinture en amateur, la photo, la création numérique, les arts hybrides restent leur coupure majeure. Les FRAC demeurent centrés sur un canon professionnel très réduit reposant sur une architecture institutionnelle devenue illisible entre centres d’art, musées, artothèques, et autres scènes nationales. Dans les faits, ces institutions servent davantage un micromilieu professionnel que le public. Leur bien-fondé s'en trouve affaibli par une médiation insuffisante, aggravée par la faible visibilité des collections.
Les commissions d’achat, composées majoritairement de fonctionnaires, critiques, curateurs, artistes déjà reconnus, entérinent ce que ce milieu valorise déjà ; la logique interne fonctionne comme une machine à reconnaissance, un artiste acheté par un FRAC gagne en prestige, ce prestige renforce la valeur marchande, ce cercle se nourrit lui-même mais avec un public exclu de cette boucle.
Les expositions FRAC reposent souvent sur la théorie, écrite pour et par quelques professionnels. Ce n’est pas un jugement esthétique, c’est un constat factuel, sociologique, les FRAC parlent entre eux plus qu’ils ne parlent aux autres.

Une légitimité démocratique mise à mal ?
Les FRAC sont nés dans un moment où l’État définissait ce qu’il entendait par art contemporain, l'audience suivait peu ou prou, la légitimité venait d’en haut, des initiés. Aujourd’hui le public est plus sceptique, moins candide, plus créatif lui-même, moins enclin à accepter une norme imposée. L’art contemporain était peu présent à l'époque dans les musées, l’État souhaitait affirmer une politique culturelle volontariste et diversifiée sur le présent. Ce point de vue ne correspond plus aux attentes, il se trouve dépassé pour des raisons autant structurelles que conjoncturelles et ne concorde plus aux pratiques, ni aux contraintes budgétaires, ni même à la logique muséale contemporaine. Cette logique n’a plus de sens aujourd’hui. Les collections FRAC existent bien sûr, conséquentes, les réserves débordent, cependant la majorité des œuvres reste reléguée en sous-sol et sans aucun doute pour longtemps.

Pour résumer, des constats implacables :
- La grande partie des œuvres ne sortent jamais des réserves, la rotation est faible avec une diffusion inégale.
- Le mode d’acquisition produit des œuvres discutables, sans réelle légitimité.
- Les commissions d’achat reposent sur un cercle restreint de professionnels sans diversité sociologique.
- Le fonctionnement, selon des critères implicites, produit une norme interne peu lisible pour les spectateurs d'expositions.
- Stocker, conserver, transporter, assurer… Tout cela coûte cher, consomme de l’énergie, mobilise des équipes de fonctionnaires.


Henry-Claude Cousseau (2000-2011) : Conservateur et historien de l'art, il a stabilisé l'institution après des périodes agitées. Gouvernance jugée parfois autoritaire. Nicolas Bourriaud (2011-...



Pourquoi les prix des achats FRAC restent-ils si peu mentionnés ?

Les budgets annuels d’acquisition des FRAC varient fortement selon les régions, mais les ordres de grandeur visibles dans les rapports publics sont généralement compris entre 150 000 € et 260 000 € par FRAC et par an, avec des écarts selon les reliquats et cofinancements.
Ordres de grandeur observés
FRAC Alsace (2020) : budget d’acquisition approuvé de 165 000 €, porté à 228 000 € en budget global d’acquisitions/commandes/soutiens, avec un prix moyen de 6 732 € par acquisition.
Frac Bretagne (2021) : budget d’acquisition de 258 555,99 €.
Nationalement, le ministère de la Culture indique que les FRAC ont dépensé 4,05 millions d’euros en 2020 pour 1 113 œuvres auprès de 469 artistes.
Si l’on prend le total national et qu’on le répartit sur les FRAC au sens large, on obtient une moyenne annuelle d’environ 200 000 € par structure pour les acquisitions, mais cette moyenne masque de fortes différences entre régions et années. Les rapports d’activité montrent surtout que les FRAC fonctionnent avec des budgets de base, puis des ajustements par commandes ou dispositifs de soutien.

Tout, dans l’écosystème des FRAC, pousse structurellement à l’opacité plutôt qu’à la transparence, même si rien n’interdit légalement de publier les prix.
Il existe plusieurs raisons qui expliquent pourquoi les prix d’acquisition restent si peu visibles, alors même qu’ils sont financés par de l’argent public.
La culture administrative française est historiquement peu transparente et les FRAC sont nés dans une logique de commande publique centralisée, héritée des années 1980, où la transparence n’était pas un réflexe. Contrairement à des pays comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, la France n’a jamais développé le principe du “public money, public data” dans le domaine culturel. Résultat :
les prix ne sont pas publiés par défaut, les institutions ne sont pas incitées à le faire, et personne ne leur demande vraiment de comptes.
L’argument le plus souvent invoqué en interne serait celui de niveler toutes différences de valeur entre artistes, donc de comparaisons défavorables, mais également aussi celui de ne pas perturber le marché des galeries.
Toute transparence pourrait montrer la volatilité du marché, inégal, parfois incohérent. Les FRAC préfèrent éviter d’être les révélateurs de ces tensions.
Les galeries n’aiment pas que les prix soient publics, car cela obère leur capacité à ajuster les prix selon les acheteurs, expose les marges, et rend visible les éventuels bénéfices. Comme les FRAC achètent souvent par l'intermédiaire des galeries, la discrétion est une forme de concordat avec les professionnels.
Contrairement à d’autres secteurs comme la santé, l'éducation, et bien d'autres infrastructures, les citoyens, peu concernés par l'art contemporain, ne réclament pas de justificatifs. Les élus régionaux eux-mêmes n’en font pas un enjeu, car  la culture représente un terrain électoral de second plan.

La crainte diffuse d’être jugés
Publier les prix, c’est exposer des choix esthétiques, des montants engagés, d'éventuels déséquilibres avec une surreprésentation de certains réseaux et d'artistes déjà institutionnalisés.
Les FRAC redoutent que la transparence alimente des polémiques du type “Pourquoi avoir tant payé pour cette œuvre ?” ou “Pourquoi toujours les mêmes artistes ?” La discrétion protège l’institution d’un contrôle citoyen qui pourrait devenir très inconfortable.
La question des prix n’est jamais anecdotique. Elle touche aux problèmes structurels du système culturel français. Qui achète quoi, pour qui, et pourquoi ? A la sociologie du goût, qui décide de la valeur artistique ? A la relation ambiguë entre État et soutien ou dépendance du marché  ?
Rendre les prix publics obligerait à clarifier le système. La transparence du coût des achats des FRAC serait un levier puissant de légitimité démocratique, mais elle exposerait une pratique reposant encore largement sur des équilibres implicites entre institutions, galeries, artistes et élus.

Pourquoi le titre des oeuvres des FRAC est-il souvent en anglais ?
Dans les collections FRAC, les titres d’œuvres sont très souvent en anglais, même lorsque les artistes sont francophones. C’est un faisceau de facteurs historiques, sociologiques et stratégiques. L’anglais est devenu la langue de l’art contemporain globalisé, et les FRAC, en tant qu’institutions d’acquisition, en héritent mécaniquement.
L’anglais est la lingua franca du marché et des réseaux internationaux. Depuis les années 1980, le monde de l’art contemporain s’est structuré autour de foires, biennales, galeries et revues internationales où l’anglais domine.
Les artistes français, adoptent l’anglais en pensant être lisibles dans ce circuit globalisé. Les FRAC, qui achètent beaucoup d’œuvres issues de ces réseaux, importent donc aussi leurs codes linguistiques. Conséquence : un titre en anglais circule mieux, se catalogue mieux, se vend mieux, se montre davantage comme marqueur de contemporanéité. C’est un code social, titrer dans cette langue, c’est se situer dans la sphère de l’art global plutôt que dans une tradition nationale.
Les écoles d’art françaises ont valorisé une culture théorique anglo-américaine, les élèves formés dans ces milieux ont donc par mimétisme internalisé l’anglais comme élément naturel de l’art.
Vers une stratégie d’universalisation
Un titre anglais évite les connotations culturelles trop spécifiques et s’inscrit dans une esthétique chère à l’art contemporain.
Les politiques d’acquisition des FRAC ont privilégié des artistes déjà visibles dans les réseaux internationaux, donc des œuvres inscrites dans des esthétiques globalisées où l’anglais constitue la norme. Résultat : la collection reflète les codes du champ, pas ceux du territoire.
L’usage massif de l’anglais renforce l’impression d’un art dit contemporain en créant une distance symbolique avec les publics locaux, mais il alimente aussi l’idée de tension entre universalisation et démocratisation.

Pour résumer :
1. Risques institutionnels
Exposition des biais de sélection. La publication des prix rend visible les déséquilibres : surreprésentation de certains réseaux, achats redondants, manque de diversité esthétique ou géographique. Risque de critiques sur les commissions d’achat.
2. Risques politiques
Polémiques médiatiques. Pourquoi payer autant pour telle œuvre ? Risque de récupération politique, surtout dans un contexte de tensions sur les budgets publics.
Les régions financent les FRAC, la transparence peut les exposer à des critiques locales.
3. Risques économiques
Perturbation du marché. Les galeries craignent la rigidification des prix et la comparaison entre artistes. Risque de tensions avec les partenaires commerciaux.
Rendre public un artiste peut être perçu comme injustement valorisant pour les autres.
4. Risques de standardisations
La langue, les titres, les prix, les choix établissent la norme par excellence du marché.

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A chaque époque son art officiel ! Parfois l'artiste l'ignore, parfois il y adhère plus ou moins et, plus rarement, il s'y oppose ouvertement. Depuis un demi siècle, le principe des manifestations d'art contemporain change peu et reste toujours aussi obscur ! Toute forme d’objet, pour suivre l'idée de Marcel Duchamp, peut devenir artistique si le monde de l’art le présente comme tel, avec grands renforts de textes, souvent incompréhensibles, de théories toutes autant hermétiques et de marketing culturel en lien étroit avec les Institutions.