samedi 7 mars 2026

C'était comment avant, dans l'atelier de Gérôme

Atelier Jean-Léon Gérôme - Ecole des Beaux-Arts, vers 1890

Jean-Léon Gérôme, Orientalism, born 11 May 1824 - died 1904
Student of Paul Hippolyte Delaroche (1797-1856), Marc-Gabriel-Charles Gleyre (1808-1874)

L'art, une simple question de mode ?
Emile Zola, qui soutient avec détermination les recherches des impressionnistes dès leurs débuts, écrit au sujet du peintre :
"Non, Monsieur Gérôme, vous n'avez pas peint un tableau, ... c'est une habile représentation, un thème traité avec plus ou moins d'ingéniosité, un produit à la mode, vous ne savez pas ce qu'est l'ardeur, l'élan tout-puissant qui s'empare des véritables artistes."
A un interlocuteur qui critiquait l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts, Gérôme rétorqua avec malice qu'il est sans doute bien plus aisé d'être incendiaire que pompier. Gérôme en vieillissant devint le symbole de la réaction. Le triomphe de l'avant-garde qu'il avait combattue devait lui être fatal : il connut une éclipse de près d'un siècle, sort qu'il partagea d'ailleurs avec ses collègues de l'Institut. Son absence dans la plupart des dictionnaires, au contraire de la présence, incontournable, de Van Gogh ou encore Cézanne en constitue une indiscutable preuve.
On l'étiqueta rapidement de peintre officiel. Gérôme bénéficia pourtant d'un nombre réduit de commandes publiques et son œuvre reste peu présente dans les musées français, à l'exception de celui de sa ville natale, Vesoul.
C'est notamment en ramenant les dimensions des tableaux historiques à celles des "tableaux de boudoirs", selon les termes de Zola, que Gérôme trouve sa voie. Il contribua ainsi à populariser la peinture considérée comme noble et à la rendre accessible à tout un public bourgeois qui va non seulement apprécier ses petites toiles au caractère historique mais aussi celles, plus exotiques et sensuelles, qui mettent en scène des nus. Aux yeux du public de cette fin du XIXème, le sujet reste primordial avant d'être "une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées", selon la définition annonciatrice de la peinture moderne de Maurice Denis.
Pour Gérôme, un tableau doit donc avant tout illustrer une idée et raconter une histoire. Aussi il attachera toujours un grand soin, tant aux choix de ses thèmes qu'aux rassemblements d'une juste documentation.
Les peintures de Gérôme, contre toute attente, sont actuellement de plus en plus recherchées, notamment par les riches collectionneurs américains, elles sont en conséquence parmi les plus chères du marché.
Pourtant les musées occidentaux, lorsque l'enthousiasme pour l'abstraction sera à son apogée dans les années 50-60, ont décroché des cimaises et ont même vendu à bas prix des œuvres de Gérôme. Les choses ont désormais changé. Dès la décennie suivante on a commencé à prêter attention aux peintures académiques et à celles, en particulier, de Jean-Léon Gérôme.
La cote de Gérôme reste élevée aujourd'hui : ses peintures figurent parmi les plus recherchées de l’académisme du XIXᵉ siècle, avec des adjudications pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros pour les sujets majeurs. 30 000 à 300 000 € pour les formats moyens. 1 million € pour les œuvres majeures, historiques ou orientalistes. L’offre demeure limitée car beaucoup d’œuvres sont en musées, ce qui consolide les prix.

Gérôme, un enseignant respecté
Gérôme est nommé professeur à l'école des Beaux-Arts de Paris après la réforme de 1863 et il y enseignera pendant presque 40 ans. Ses cours étaient efficaces et rigoureux, l'enseignant ne manquait pas de dévouement et d'énergie. Gérôme, généralement apprécié par ses élèves mais aussi parfois chahuté, donnait régulièrement ses cours de peinture et veillait tout spécialement à ce que tous ses étudiants prennent des leçons d'anatomie et de sculpture.
A la fin de sa vie Gérôme se radicalisa et devint quelque peu réactionnaire, il n'appréciait guère les impressionnistes et s'opposa ainsi au leg Caillebotte, ceci explique peut-être sa mise à l'index quelques années plus tard, et cela pour près d'un siècle.
L’atelier Gérôme fut l’un des ateliers les plus influents de l’École des Beaux-Arts de Paris, actif de 1864 à la mort de Jean‑Léon Gérôme en 1904. Il forma près de deux mille élèves et devint un bastion majeur de l’académisme français.
L’atelier Gérôme ouvre le 22 février 1864 avec treize élèves seulement, avec le statut d'atelier officiel de peinture, l’un des plus prestigieux de l’institution par son orientation académique stricte.
Gérôme perpétue une tradition de dessin rigoureux et de composition historique. Il insiste sur la précision anatomique, la mise en scène narrative d'où la couleur ne doit pas être négligée.
L’atelier Gérôme est emblématique de la résistance académique et produit plusieurs lauréats du Prix de Rome. Cet atelier reste aussi un lieu clé pour comprendre la fracture esthétique du XIXᵉ siècle : d’un côté, l’académisme narratif et orientaliste de Gérôme ; de l’autre, l’émergence de l’impressionnisme qu’il combattra.
Pour Gérôme, un peintre qui ne sait pas dessiner n’est pas un peintre. Il insiste sur l’idée que la peinture doit d’abord transmettre une impression globale, notamment par la couleur : "En peinture, la première chose est de rechercher l’impression générale de la couleur".
Gérôme exige de ses élèves qu’ils peignent ou dessinent un croquis d’après nature chaque jour. Discipline héritée de Delaroche et de Gleyre.
Comme dans tous les ateliers des Beaux‑Arts, mais avec une rigidité particulière, les anciens corrigent les nouveaux avant que Gérôme ne passe. Cette habitude renforce la discipline et la transmission verticale. Gérôme corrige surtout les compositions, laissant les études aux élèves avancés. Il corrige souvent en quelques coups de fusain, montrant la solution plutôt qu’en l’expliquant longuement. Gérôme est obsédé par la précision documentaire (costumes, architecture, gestes) et transmet à ses élèves cette dimension et son désir de vérité archéologique.
Gérôme incarne la résistance académique et forme des peintres destinés au Salon, pas à la rupture. Contrairement à Bouguereau ou Cabanel, Gérôme n’impose pas un style mais laisse une certaine liberté dans le traitement final, tant que la base reste solide.
Le professeur était peu bavard, très direct, parfois cassant mais d’une précision chirurgicale dans ses remarques. La documentation, l’importance du détail juste, la rigueur dans la reconstitution, la lisibilité de la scène, la clarté des gestes représentaient pour lui de réelles qualités.
Son enseignement a représenté le sommet de la formation académique française. Il offre un modèle de rigueur méthodique que réhabilitent aujourd’hui des ateliers réalistes, surtout américains, comme Florence Academy.

Un cours type dans l’atelier Gérôme, entre 1875–1890.
8h00 – Entrée dans l’atelier : silence, discipline, hiérarchie.
Les élèves arrivent tôt. L’atelier est déjà organisé par le massier qui place les nouveaux au fond. Les anciens occupent les meilleures places, proches du modèle.
8h15 – Étude d’après modèle vivant avec pose longue. Le modèle prend une pose qui durera plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Les élèves travaillent sans bruit.
Les débutants dessinent au fusain ou au crayon. Les autres peuvent peindre en grisaille ou en couleur. Gérôme demande que l’on commence par l’impression générale, jamais par les détails.
10h30 – Première tournée de corrections faites par les anciens. Avant que Gérôme n’arrive, les élèves avancés corrigent les débutants. C’est une étape essentielle, les anciens corrigent sans ménagement. On apprend autant en corrigeant qu’en étant corrigé.
11h00 – Entrée de Gérôme : la "tournée du maître". Gérôme arrive sans mot dire. Il passe d’un chevalet à l’autre, s’arrête quelques secondes, parfois une minute. Il prend le fusain, rectifie une ligne, renforce une ombre, corrige une proportion. Il parle peu, mais chaque mot compte. Une correction de Gérôme est un événement, elle peut faire ou défaire une semaine de travail.
12h00 – Travail personnel : copies, études, documentation.
Après la tournée, les élèves reprennent leur travail. Les débutants retournent parfois aux copies de plâtres. Les avancés travaillent sur la documentation archéologique. Gérôme encourage ses élèves à consulter les musées, les collections, les livres.
13h00 – Pause déjeuner. Les élèves mangent rapidement dans les cafés du quartier. Les discussions tournent autour du travail et des futurs concours.
14h00 – Reprise : étude quotidienne d’après nature, Gérôme exige que chaque élève réalise un croquis d’après nature par jour. C’est l’exercice qui forme l’œil et la main.
16h00 – Travail sur les compositions. Les élèves qui préparent un concours (Prix de Rome, médaille du Salon) travaillent sur leurs grandes compositions. Ici, Gérôme intervient davantage et se montre impitoyable sur la construction et la dramaturgie.
18h00 – Fin officielle… mais pas réelle, l’atelier ferme officiellement, mais beaucoup restent, les plus ambitieux travaillent jusqu’à la nuit.


Gérôme dans son atelier, l'intérieur est bourgeois.

Avec parquet de chêne, tapis et une hauteur de plafond appréciable avec des suspensions variées ; chargé selon le goût de l'époque pour le style deuxième Renaissance Henri II. On reconnaît aussi quelques objets familiers, comme la cage en osier identifiable dans plusieurs de ses tableaux orientalistes, les armes et boucliers accrochés au mur pour la peinture d'histoire, n'oublions pas les chevalets de différentes tailles, les sellettes pour les sculptures et le paravent qui permet au modèle de pudiquement se dévêtir.
Gérôme se penche sur la finition d'un buste de Sarah Bernhardt avec, juste derrière, une sensuelle Tanagra ; à remarquer sur la photo du dessus, son petit chien assis sur la chaise qui regarde le photographe. Sur une autre, l'artiste pose devant le baiser de Pygmalion à Galatée avec palette, pinceaux et appui-main. Peu de trace de peinture sur les chevalets, le peintre travaille proprement et se complaît dans les formats moyens.
Après la rue de Fleurus, Gérôme s'installe en 1857 dans une nouvelle maison, 70 rue Notre-Dame-des-Champs, où se situent des ateliers d'artistes - souvent des élèves de Delaroche ou Gleyre comme Hamon, Picou, Boulanger, ou encore Toulmouche.
En 1860, l'artiste achète près de Vesoul le château de Coulevon et y ouvre un atelier privé. Il emménagera pour finir dans un hôtel particulier près de la place de Clichy en 1863 dont l'inventaire, après son décès en 1904, sera évalué à environ 700.000 €.


Emma Dupont

Nu sur sa toile d'origine avec griffures, 30,5 x 45 cm - Collection madame Emma Dupont. Resté dans la famille par descendance.
Le tableau provient de la même collection que les deux tableaux signés de Gérôme représentant Lionne et lionceau dans un paysage (toile, 22 x 32 cm) et Un lion sur un rocher dominant une vallée (17 x 33 cm), ayant figuré à la vente anonyme, Tajan - Paris, 22 juin 2006.
Lot 73 - Jean-Léon GEROME (Vesoul 1824 – Paris 1904) Nu Sur sa toile d’origine 30,5 x 45 cm Griffures - Sans cadre. Estimate : 10 000 € - 15 000 € - December 14, 2011 - Paris, France

Ce tableau-étude est à mettre en relation avec le "Bassin du Harem" (toile, 73,5 x 62 cm), exposé au Salon de 1876, n° 884, acquis par le tzar Alexandre III et actuellement conservé au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.
On retrouve dans cette représentation la figure qui a sans doute servi d'étude pour la grande composition. Le tableau représente Emma Dupont, modèle et maîtresse du peintre, qui a notamment posé pour son Omphale (Modèles d'Artistes par Paul Dollfus - Paris, 1890, p. 100). L'Omphale, en plâtre, aujourd'hui perdue et anciennement conservée à Vesoul au musée Garret est connue par un tableau dans lequel Gérôme se représente dans son atelier en 1886 : "La Fin de Séance" (toile, 45 x 40,6 cm) conservé à Santa Ana, Frankel Family. Emma Dupont apparait dans une autre composition en compagnie du peintre : Le Travail du Marbre (toile, 50,5 x 39,5 cm) conservé à Greenwich, Dahesh Museum.
C'est probablement encore elle que l'on retrouve dans Pygmalion et Galatée (toile, 88,9 x 68,6 cm) conservé à New-York, au Metropolitan Museum, peinture dont on remarque la gravure sur le mur au fond de "Le travail du marbre". La série de photographies qui représente Emma reprenant la pose d’Omphale en train de se faire dans l'atelier de L’artiste confirme le lien d’intimité entre Gérôme, son modèle et ses œuvres.

Gérôme, Harem Pool

Emma reprenant la pose d’Omphale en train de se faire

Le tableau de Gérôme, Piscine dans un harem (1876), présente Emma Dupont dans la pose d'une baigneuse.
En 1886, elle prête ses traits à Omphale, la réinterprétation féminine par Gérôme de l'Hercule Farnèse. À cette occasion, l'artiste se fait photographier dans son atelier par Louis Bonnard, aux côtés d'une esquisse en argile de l'œuvre et de son modèle. Ce thème de l'artiste avec le modèle dans l'atelier sera repris plus tard. Dans le tableau La fin de la séance (1890), Emma Dupont est représentée recouvrant d'un tissu le modèle en argile d'Omphale pendant que le sculpteur lave ses outils. Plus tard, dans Travail du marbre (1890), Jean-Léon Gérôme se représente sculptant une statue en marbre, Tanagra, à côté de son modèle, assis dans la même position que la sculpture.
A quelques reprises durant l'été parisien, Emma fut invitée à la demande de l'artiste à poursuivre le travail dans l'intimité de sa maison de campagne.
Le modèle favori de l’artiste se retrouve dans les poses nonchalantes et variées des baigneuses du harem.
La jeune femme portait les cheveux pris sur le dessus de la tête, leurs donnant ainsi l'impression d'être coupés courts ; ses hanches généreuses, d'ailleurs encore davantage présentées de dos, auraient également inspiré le sculpteur James Pradier. Emma, modèle plus ou moins professionnel, aurait aussi pris la pose pour Louis Bonnard, photographe de son état.


En 1896, Paul Dollfus écrit une brève biographie d'Emma Dupont dans Modèles d'artistes, un volume basé sur une série d'articles initialement publiés sous le titre "Paris qui pose" de l'hebdomadaire La Vie moderne.
Dollfus a rapporté que Emma Dupont est devenu un modèle en désespoir de cause. Elle est venue à Paris avec son amant à l'âge de dix-sept ans - son adresse d'origine n'est pas indiquée - et lorsqu'il l'a abandonnée, elle s'est retrouvée sans ressources. Alors qu'elle flânait à l'extérieur d'un café qu'elle avait fréquenté avec son amant, craignant d'entrer car elle n'avait plus d'argent et espérant qu'une connaissance pourrait se présenter et lui apporter de l'aide, le propriétaire est sorti pour lui demander pourquoi elle n'entrait pas. Fondant en larmes, elle a expliqué son problème, il lui donna de l'argent en disant de revenir le lendemain matin, en lui promettant un travail. À son retour, le propriétaire du café l'emmena dans l'atelier d'Alfred Stevens.
Emma accepta de poser pour le portrait ou en costume, mais refusa alors de poser nue pour l'artiste. Stevens, cependant, l'a présenta ensuite à Fernand Cormon qui persuada la jeune femme de se déshabiller en la convainquant qu'elle ferait un meilleur modèle pour sa silhouette que pour la "tête" ; avec ses encouragements, Emma s'habitua à poser nue. Elle commença à travailler pour Tony Faivre, Auguste Feyen-Perrin, et enfin pour Gérôme, qui bientôt monopolisa son temps.
Connu comme un travailleur infatigable, Gérôme appréciait l'attitude consciencieuse d'Emma et l'a même payée pour l'accompagner lorsque sa famille et lui quittaient Paris pour l'été. Dans les rares intervalles où il n'avait pas besoin d'elle, Emma Dupont posait pour Cormon et Feyen-Perrin.
Dollfus rapporte que les revenus réguliers d'Emma permettaient d'entretenir un petit appartement boulevard Clichy, décoré d'œuvres qui lui avaient été données par les artistes pour lesquels elle posait. Les articles de Dollfus, à partir de conversations d'atelier et riches en détails anecdotiques, fournissent un point de départ pour comprendre l'histoire des modèles et d'Emma Dupont en particulier.
Emile Blavet rapporte par ailleurs qu'Emma, "modèle habile qui établissait parfois elle-même ses poses pour Gérôme", adoptaient fréquemment une attitude en spirale, allant de la torsion subtile à l'enroulement prononcé mettant hanches et galbe des fesses en valeur.

Le protocole de la Pose
L'artiste commence par expliquer au modèle ce qu'il a l'intention de créer. Il présente le sujet historique ou mythologique ou son idée purement plastique. Il tente d'amener le modèle à saisir le personnage, puis, avant d'imposer la pose, laisse le modèle chercher le geste approprié, instinctivement, par lui-même, car de tels mouvements sont toujours plus gracieux. Dans d'autres cas, l'artiste permet au modèle de choisir la position et façonne son travail en fonction.
Dans la pratique académique qui prévalait alors et qui était à la base de la pédagogie, les peintres étaient formés pour élaborer une composition à travers une ébauche se référant à la tradition, ce qui limitait forcément les variétés des poses.
Maintenir une pose, sauf peut-être couchée, était une compétence en soi et un défi physique. Certaines attitudes sont très difficiles à garder et vers la fin d'une séance, dans toutes les tenues debout, aussi simples et naturelles soient-elles, le seul poids du corps appuyant sur la plante des pieds devient en quelques sortes un supplice. Aussi les positions ne peuvent être conservées que quelques minutes.
Les modèles chevronnés étaient néanmoins fiers de gérer la douleur et l'ennui que l'immobilité forcée exigeait et développaient leurs propres stratégies pour y parvenir.

La Fin de la pose, Emma sert de modèle

Emma, le modèle préféré
The End of the Sitting, 1886 "La Fin de Séance"
Mais que fait Emma, le modèle callipyge de Gérôme à l'anatomie caractéristique, perchée sur la sellette ?
Et cette petite fleur rouge ?
- Enlève-t-elle, dès la fin de la pose, le drap par curiosité jalouse et critique ?
- Couvre-t-elle simplement, avant de se rhabiller, la statue afin d’empêcher la terre à modeler de sécher ?
- Et plus précisément, que fait cette rose rouge, symbole de l'amour passion que l'on porte à l'être aimé ? Est-ce une intention délibérée de l'artiste, autant romantique que platonique ?
Rappelons qu'Emma fait partie du cercle restreint des familiers de Jean-Léon Gérôme qui, à quelques reprises, lui demanda de l'accompagner lors de ses villégiatures d'été.
Là, repose toute l’ambiguïté dans l’interprétation de l’œuvre. Cependant, gageons que le facétieux artiste, qui se représente en train de nettoyer soigneusement son matériel, n’a pas manqué d’entrevoir ces trois possibilités.
En outre, l’œuvre peut paraître emblématique de l’art académique et pompier, dans la mesure où elle donne directement à voir, à imaginer, à rêver… Au contraire d’un art moderne bien plus décoratif que narratif et, très souvent, sans signification bien précise.
Emma Dupont, active de 1876 à 1890, posa aussi pour d'autres peintres et sculpteurs. Elle sera notamment connue pour avoir servi de modèle à plusieurs œuvres majeures de Gérôme représentant des scènes orientales, telles que La Piscine du harem, Omphale, Tanagra ou encore Pygmalion et Galatée.
Gérôme lui avait offert une étude pour le tableau Piscine dans un harem, qui resta dans la famille du modèle même après sa mort, jusqu'à sa récente vente en 2006.




Gérôme et Emma entrent au Centre d'art de Pougues-les-Eaux

Peintures, Jean-Léon GEROME, Déclinaisons

Jean-Lon Grome, Vente dune esclave vers 1884, Muse de l'Ermitage Saint-Ptersbourg

Emma Dupont et Gérôme, modèle préféré,Jean-léon Gérôme, peintre académique

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A chaque époque son art officiel ! Parfois l'artiste l'ignore, parfois il y adhère plus ou moins et, plus rarement, il s'y oppose ouvertement. Depuis un demi siècle, le principe des manifestations d'art contemporain change peu et reste toujours aussi obscur ! Toute forme d’objet, pour suivre l'idée de Marcel Duchamp, peut devenir artistique si le monde de l’art le présente comme tel, avec grands renforts de textes, souvent incompréhensibles, de théories toutes autant hermétiques et de marketing culturel en lien étroit avec les Institutions.