Félicien Myrbach-Rheinfeld, candidates for admission to the Paris-salon
Paris fin de siècle, notamment celui où son école des Beaux-Arts rayonnait, avec des Prix de Rome qui embrassaient souvent une carrière officielle, qui servaient également de référence internationale, comme en architecture avec les gratte-ciels new-yorkais de style Beaux-Arts.
Paris fin de siècle et ses nombreux bals, celui de l'Opéra, des Incohérents, des Quat'z'arts, ses Salons de peinture et sculpture très attendus, sans parler des jeunes parisiennes, alors recherchées comme modèles pour artistes...
Evénement central de la vie artistique, culturelle et sociale au cours du XIXe siècle, le Salon caractérise le lieu mondain et populaire où l’on veut à la fois voir et être vu, le Salon attire des centaines de milliers de visiteurs.
Cet évènement considérable a entraîné, dès ses premiers temps, la naissance de la critique d’art pratiquée par des journalistes, des écrivains, des illustrateurs.
Chaque salon devient l’objet d’un véritable engouement. Près d'un million de spectateurs, en 1846, s’y pressent. Cet intérêt reste lié au développement d'une bourgeoisie urbaine éduquée et aux progrès de l’alphabétisation des classes populaires.
Le public généralement attentif, et les critiques, sont plus ou moins courtisés et craints. D'autres personnes sont particulièrement soucieuses concernant la présentation : les exposés, c’est-à-dire le créateur de l'œuvre ou les modèles ayant posé pour sa réalisation.
Les visiteurs des jours payants, moins nombreux, sont des bourgeois bien mis, souvent mondains et snobs, ceux des jours gratuits se présentent en grand nombre, bruyants, spontanés, et souvent en famille. On y rencontre des enfants, sages ou turbulents, des grisettes et des hommes qui ne sont pas insensibles aux charmes des belles visiteuses ou des odalisques, baigneuses et nudités représentées. Quelques spectateurs se disent d'ailleurs réellement ou faussement choqués et il convient de veiller à détourner le regard des enfants et des jeunes filles de certaines œuvres…
L’École des Beaux-Arts de Paris à la fin du XIXᵉ siècle, le modèle académique français.
Au XIXème siècle, la culture générale, réservée au faible pourcentage d'une classe d'âge qui possède le privilège de fréquenter les lycées, reste fondée pour une part essentielle sur les "humanités", à savoir l'apprentissage des langues anciennes. La finalité des études se fonde sur le discours et la dissertation, et en particulier le discours latin. Écrire un discours, le thème, c'est placer de nobles paroles dans la bouche de grands personnages : on ne peut faire tenir à Périclès ou à Dioclétien des propos vulgaires venus de la vie quotidienne.
Ce type d'apprentissage peut être rapproché à celui des jeunes artistes étudiant les Beaux-Arts, cette fois-ci non pas en vue du baccalauréat mais dans l'espoir d'obtenir un jour le Prix de Rome, couronnement des études dans la discipline et gage d'une reconnaissance sociale.
A l’École des Beaux-Arts de Paris mais aussi dans celles de province, un style et une personnalité dominent à cette époque : le néo-classicisme et Jean-Auguste Dominique Ingres.
L'enseignement présentait comme modèle un idéal de beauté classique atteint par l'étude et la mise en forme minutieuse des sources antiques, ce qui va de pair avec l'affirmation de la primauté du dessin sur la couleur, de la symétrie et de la clarté de la composition. Les professeurs s'efforceront de maintenir cette tradition néoclassique - appelée ensuite le système des Beaux-Arts - et l'essentiel du travail des étudiants consiste alors pour une large part, soit à copier des plâtres antiques, soit à dessiner des modèles vivants aux pauses classiques avec drapé. Quant aux sujets des concours du Prix de Rome, ils sont souvent choisis parmi la littérature gréco-romaine. Dans tous les cas, la statuaire antique reste considérée comme la référence où s'incarne l'idée du Beau.
L'enseignement présentait comme modèle un idéal de beauté classique atteint par l'étude et la mise en forme minutieuse des sources antiques, ce qui va de pair avec l'affirmation de la primauté du dessin sur la couleur, de la symétrie et de la clarté de la composition. Les professeurs s'efforceront de maintenir cette tradition néoclassique - appelée ensuite le système des Beaux-Arts - et l'essentiel du travail des étudiants consiste alors pour une large part, soit à copier des plâtres antiques, soit à dessiner des modèles vivants aux pauses classiques avec drapé. Quant aux sujets des concours du Prix de Rome, ils sont souvent choisis parmi la littérature gréco-romaine. Dans tous les cas, la statuaire antique reste considérée comme la référence où s'incarne l'idée du Beau.
Cependant, parallèlement, des artistes comme les réalistes, les impressionnistes, ou même certains dits "officiels", c'est-à-dire achetés par l’État et exposant avec succès au Salon, prirent des voies indépendantes. Parmi ces voies, l'une d'entre elles se confondant avec l'académisme, connut le succès sous Napoléon III et la Troisième République, il s'agit de la mouvance dite éclectique. Les artistes qui plaisent alors à la noblesse, à la haute bourgeoisie, à l’État, appartiennent surtout à cette tendance stylistique de l'éclectisme, nommé aussi par la suite péjorativement : l'art pompier.
Désireux de s'inspirer de toutes les époques, de l'Antiquité, de l'Orient, du Moyen-Age comme de la Renaissance, d'en reprendre dans leurs œuvres les costumes, les décors, avec toute la précision archéologique nécessaire, ces artistes fondent leur art sur une doctrine : l'historicisme. Ils différent donc dans leur démarche des artistes néoclassiques, travaillant dans l'esprit de l’École des Beaux-Arts, dans la mesure où la source n'est plus forcément celle de l'Antiquité gréco-romaine.
Désireux de s'inspirer de toutes les époques, de l'Antiquité, de l'Orient, du Moyen-Age comme de la Renaissance, d'en reprendre dans leurs œuvres les costumes, les décors, avec toute la précision archéologique nécessaire, ces artistes fondent leur art sur une doctrine : l'historicisme. Ils différent donc dans leur démarche des artistes néoclassiques, travaillant dans l'esprit de l’École des Beaux-Arts, dans la mesure où la source n'est plus forcément celle de l'Antiquité gréco-romaine.
L’École fonctionne comme référence internationale avec ses concours anonymes, sa hiérarchie stricte, son culte de la tradition.
Les ateliers sont dirigés par des professeurs-maîtres, souvent membres de l’Institut, chacun ayant son style et sa réputation.
L’enseignement est gratuit, ce qui attire de nombreux provinciaux et étrangers, notamment après 1860 ; avec trois grands pôles d’enseignement, la peinture, la sculpture et l'architecture.
Le cursus des études est structuré et très compétitif, la pédagogie repose sur la copie de plâtres : bustes antiques, fragments anatomiques, puis statues entières.
Le dessin d’après modèle vivant, le nu académique, reste considéré comme l’exercice souverain.
Des concours internes interviennent régulièrement : concours d’esquisse, concours de tête d’expression, concours de figure peinte, concours de Rome, le plus prestigieux.
Le système du concours est considéré comme un moteur de promotion sociale et un outil de sélection méritocratique.
L'enseignement repose sur la maîtrise fondamentale du dessin, la connaissance de l’Antiquité et de la Renaissance, la narration historique et la virtuosité technique.
L’École est admirée, imitée, mais aussi critiquée pour son académisme et sa résistance aux avant-gardes.
Entre 1860 et 1900, l’École accueille un nombre croissant d’étudiants étrangers (États-Unis, Europe du Nord, Amérique latine, Asie). Les américains y étaient particulièrement nombreux, l'architecture n'étant alors pas encore enseignée dans leur pays.
Le modèle des Beaux-Arts est exporté dans le monde entier via ses anciens élèves et professeurs.
Journée type d’un élève de l’École des Beaux-Arts de Paris vers 1885–1895
C’est une journée dense, ritualisée, presque militaire dans son organisation, mais aussi pleine de vie, de camaraderie exclusivement masculine, de rivalités et d’ambition.
8h : Arrivée à l’atelier et préparation, les plus sérieux arrivent dès l'ouverture des ateliers pour préparer leur matériel, réserver une bonne place, ou terminer une étude commencée la veille. L’ambiance est relativement studieuse : on taille les crayons, on tend les feuilles, on discute des concours.
Chaque élève appartient à un atelier de maître, ceux de Bouguereau, Gérôme, Bonnat, Lefebvre, sont très courus. L’atelier est autogéré par les anciens élèves, qui imposent une discipline interne parfois plus stricte que celle de l’École.
Le grand rituel du dessin d’après modèle vivant.
Le modèle d'abord exclusivement masculin, puis par la suite féminin, prend la pose sans bouger pendant un certain temps. Les élèves dessinent en se conseillant mutuellement, parfois en recevant les directives du massier ou plus rarement du professeur. On cherche la justesse anatomique, la structure, la ligne claire, la hiérarchie des valeurs. Pour approfondir, les élèves vont copier les maîtres anciens et le Louvre est une extension de l’École.
On prépare les concours d’esquisse, de tête d’expression, de figure peinte, d’architecture et le Prix de Rome mobilise les meilleurs pendant des mois.
17h–19h : Retour à l’atelier, corrections, vie collective. Le maître revient parfois pour une seconde session de critiques. Les élèves comparent leurs travaux, se conseillent, se jugent.
Certains élèves vivent dans des chambres modestes, d’autres dans des ateliers partagés. Beaucoup travaillent aussi le soir pour survivre.
A Paris comme en province - Cours de nu académique à l'Atelier Chatigny – Lyon, fin de siècle
https://modeles-pour-artistes.blogspot.com/2024/03/httpsmarc-verat-pdf.html


